quarta-feira, setembro 19, 2018

219. 50 HAIKU

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domingo, setembro 16, 2018

218. SIM MENINA

Sim menina
é do 3-0-5-9

do 3-0-5-9
dos meus nervos

Ah vida de servos
que me fina
quando lá fora há sol
ou chove

Se ao menos pudesse entornar tinta
rasgar uma folha de papel
sempre abrandava um pouco a Cinta
ou gozava noutra farsa de bordel

Mas não posso
Óculos e colegas me vigiam

E ao barulho do aparo ferrugento
enquanto pelos telhados gatas miam
vou sendo menos vosso
e mais jumento

António Reis - Poemas do Escritório, pág. 13, Porto, 1951.

sexta-feira, setembro 14, 2018

217. ODE À AMIZADE

Este livro inclui os "Poemas da Insatisfação", "Poemas à Companheira Esquecida", "Novos Poemas da Insatisfação" e...

Ode à Amizade


Vem canto branco da Amizade

Vem erguer-te em linhas novas transparentes mostrando o embrião do Sentimento

Vem canto branco da Amizade

Estende os teus braços de mulher com mãos de tentáculos e ventosas

Vem canto branco da Amizade
Vem

com mãos de tentáculos e ventosas mas sem ardil de sépia para fuga Sangue novo (e não importa a cor) estue nas tuas veias

Vem canto branco da Amizade
Vem

Fontes de crianças são ansiosas com punhados de Sonhos e de Beijos (Olha os lírios brancos Os cavalinhos de bazar)

Vem canto branco

Vem calar a Morte

Vem calar a pena de viver e almas novas plantar em cada sexo

Vem canto branco da Amizade

Vem descartar a Vida

Vem pastora núbil

Vem tanger com Compreensão e Sacrifício os Gestos sádicos dos Homens

Vem pastora núbil

parar o voo das setas de desporto e ligar as vias férreas das ideias

Vem núcleo preciso

Vem perpendicularmente cruzar as linhas paralelas das vontades

Vem núcleo preciso

ser o cérebro do Mundo em congestão

Vem núcleo preciso

há em teu andar uma Serenidade que convence

Vem núcleo preciso

há em teu andar uma Serenidade que convém

Vem mãe dos órfãos com mãe

convergir os pontos divergentes Ensinar aos Homens a última Geometria

Vem mãe dos órfãos

a patrocinar
a calar a Morte
a calar a pena de viver

Vem mãe dos órfãos

Sangue novo (e não importa a cor) estue nas tuas veias (Acabaram as cores raciais Os Homens-Irmãos as mataram na sua paleta velha O Arco-Íris agora é um diadema de luz única Há o céu azul do Amor para contraste)

Vem mãe dos órfãos
Vem

ensinar na prática aos meninos a conjugação de todo o verbo AMAR

Vem padroeira
Vem

Há milénios o Mar ciranda o mesmo canto Canto sempre verde Canto sempre verde e inflexível apesar da represa da Terra

Não virgem fértil
Não sejas estéril por pudor
Não fujas à vontade de entregar-te É humano o calor que te acicata

Abre
Abre a tua leiva ao sémen do nosso Sonho

António Reis - Ode à Amizade, pág. 43-47, Porto, 1952.

quinta-feira, setembro 13, 2018

216. CONHEÇO

Conheço
entre todas
a jarra que enfeitaste

Têm o jeito
com que compões o cabelo
as flores
que tocaste

António Reis - Novos Poemas Quotidianos, pág. 16, Porto, [1959].

segunda-feira, setembro 10, 2018

215. "TRÁS-OS-MONTES, de novo, no "Libération" (com falhas)

[Estreia em Paris, 22 de Março de 1978] 

Après le film portugais "Trás-Os-Montes". 
DES IMAGES COLLÉES AU SANG...

Les images au coeur, j'ai vu, j'ai vu des images au coeur, qui ouvrent le coeur et s'enracinent au sang, de sang de la terre.

Alors, dis-nous, bon dieu, des images comment?

Des images prises à la terre, aux visages, ceux encore collés à la terre, pas ..... visages d'ici, pas, des visages névrotiques, blancs, et rhagards. Visages lents, tu sais, couleurs de terre, et leurs yeux qui toujours...trutent un ailleurs, celui ou travaillent ..... corps qu'ils aiment: le corps du père, le tignasse du fils, loin lá-bas, on France, en Allemagne. Entre eux, il y a des lettres timbrées.

Ça aussi, je l'ai vu, des images de gens qui lisant des lettres, envoyées de là-bas, écrites pour là-bas, lues au écrites por les enfants qui savent lire, eux, écrire.

Dis, tu as vu des images de gens disparés, des images de gens qui se fisent adieu, s'écrivent, ceux restée à la terre et ceux en usine, loin?

L'image d'une petite fille, debout au milieu d'un chemin, debout et faisant le geste de l'adieu, de temps à autre, un geste, adieu, et la silhouette du père, sur un cheval, le père revenu d'Argentine et qui repart aussitôt: l'image qui dure, qui continue, l'image foudroyante. Longue et très lente image fixe. Séparation. Le père s'efface.

Et cette interminable image du train, celui que prennent les voyageurs de l'émigration, le train parti à l'aube, qui siffle dans la vailée, n'arrête pas de siffler, encore siffler, lorsque la loco-vapeur laisse des serpents de fumée, le train de l'émigration, de la séparation toujours, cette image de bleu de nuit à l'aube... Ce mouvement... Dire que c'est (probablement) l'une des (plus) fortes images de l'histoire de cinéma. Image + son. Le dire, ça. Image, son, et mouvement.

Quelques images, encore? Lesquelles, dis?

Je ne sais plus, trop l'images comme celles-ci, celle-là, qui reviennent à la mémoire lorsque, le t'endors, qui cognent sur l'imaginaire citadin et frustré, des images venues du granit et du vent, de la terre saignée, dépeuplée, des images non exotiques.

Villages exsangues, la mémoire villageoise tronçonnée, et la poudre des corps déjà morts qui, au village, de Constantim, va rejoindre la terre des ancêtres. Une voix le dit, dans le film.

Trop d'images, bien trop intenses pour quelqu'un qui vit et crève dans Paris. Pourrons-nous les garder, longtemps, dans notre mémoire? Ça va si vite ici.

Une fiche technique:

"Tràs-Os-Montes" (littéralement Au-delà des montagnes), la province du Nord Est portugais, montagneuse et enclavée, sous-développée: un réservoir de main-d'oeuvre pour l'émigration. Dépeuplement et fermeture.

Filmé en 1975, sur pellicule 16 mm couleur, par les cinéastes Antonio Reis et Margarida Cordeiro (réalisateurs de "Jaime", 1974). Produit (notamment) par de Centre portugais du cinéma. Le volet d'une série dite ethnographique. Tourné avec les seuls habitants de la province. 2 prix au Festival de Toulon, septembre 76 (voix Libération du 16.9.76). "A voir", dès ce soir, au Studio Action République (20H.-22H. Fl. à 12F), métro République. Tél. 895 51 33. Et "à revoir" demain...

Jacques DOYON

Jornal Libération, de 4 de Abril de 1978.

NOTA:  A fotocópia que possuímos do artigo do "Libération" encontra-se em péssimas condições... por isso, esta transcrição apresenta falhas e erros. Mesmo assim, insistimos em publicá-la no blogue. Se tiver uma melhor cópia do jornal e quiser partilhá-la connosco... desde já agradecemos!

domingo, setembro 09, 2018

214. "TRÁS-OS-MONTES" no "L'Humanité"

[Estreia em Paris, 22 de Março de 1978] 

Les Saisons et Les Jours
Tras-os-Montes de Antonio Reis et Margarida Cordeiro

Tras os Montes est un des plus beaux, des plus grands films qui aient produits alors que le Portugal commençait à respirer normalement, le régime fasciste mis à genoux. Tras os Montes, grâce à ces deux réalisateurs, Antonio Reis et Margarida Martins Cordeiro, c'est une sorte de livre d'heures, de chronique des saisons et des jours enregistrée dans la campagne portugaise, dans une région très reculée. Tras os Montes, c'est une sorte de film élégiaque, d'ode à la nature, aux gens, au temps et à la durée, à la palpitation, lente ou accélérée, de la vie.

Il s'agit de ne pas s'y tromper. Tras os Montes n'est en rien un document, un fil d'information sur cette région du Portugal qui, comme toute autre région géographique au monde, a connu et connait des mutations. C'est une oeuvre de pure et entière création.

La région considérée n'est pas le sujet mais le cadre arbitrairement choisi pour une oeuvre de pleine et entière imagination, restituant la perception enfantine, le souvenir qui en reste plus tard d'incursions en province, de retour aux sources familiales et vers la "grande maison" de vacances d'une famille de bourgeoise moyenne. Dans cette fameuse "grande maison", on retrouve aussi bien un vieux phonographe que la photographie du grand-père qui avait un temps émigré en Amérique du Sud. On retrouve les pièces et les greniers où l'on fait, les doigts vite salis, des découvertes émerveillées lorsqu'on este encore à l'approche de l'adolescence.

C'est par la beauté, la belle rusticité de sa matière que Tras os Montes compte le plus, par le rythme auquel défillent les lourds nuages, par la présence de ces splendides formes géographiques que dessinent les eaux prises par le gel, par la présence de la poussière que soulèvent, en belle saison chaude, les charrues mordant le sol, les charrues traînées par des ânes.

Miroir Moderne

En marge de cette élégie au sol, à la terre, à la neige, au verglas, aux cristaux finement découpés, au fil de l'eau du dégel, au vent et au soleil, il y a aussi l'élégie sentimentale, l'élégie aux traditions. L'intrusion des formes les plus anciennes de culture, la pénétration du film par d'autres temps, d'autres personnages que ceux du temps présent (volontairement peu et mal daté) du film peut souvent sembler "plaquée" et arbitraire, artificielle mais il est aussi des moments où une jeune femme en coiffure moyenâgeuse nous apparaît comme très justement inscrite dans une survie culturelle qui l'autorise à évoluer en toute tranquillité devant un miroir moderne, fin du XIXe siècle ou début du XXe. Habillés en costumes encore crédibles d'aujourd'hui, deux vieillards accusent deux adolescents d'emprunter, d'usurper l'identité de leurs ancêtres, morts depuis des décennies, des siècles même. C'est une politique systématique - qu'il faut accepter ou refuser au départ - pour Tras os Montes que de brouiller les cartes historiques, de mélanger les temps et les époques dans la fidélité incohérente de la mémoire.

Tras os Montes c'est un poème sur un monde, sur des sensibilités qui se souviennent, un poème d'hier et d'aujourd'hui, parce que si les moeurs évoluent vite, si les modes se bousculent, la terre subit une érosion beaucoup plus lente, surtout lorsque les stratifications sociales fixent, bloquent, figent les termes et les cadences d'évolution. Tras os Montes nous vient d'un pays qui fut longtemps bloqué, arrêté, privé de souffler. Le style contemplatif du film est certainement aussi témoignage d'une volonté de réflexion, d'une volonté reprendre respiration, de respirer à pleins poumons l'air du temps, l'air des souvenirs avant l'air de l'avenir.

Esthétiquement beau, matériellement et affectivement sensible, Tras os Montes est aussi, à sa manière, un film qui exprime, en creux, les modulations politiques au Portugal. Sous Salazar ou sous son sous-verge Caetano, ce film aurait été impossible. Il fallait quelque chose de différent (avec quel devenir?) pour accepter ce film long et lent où l'on gaspille de la pellicule et de la bande sonore à regarder et à entendre le très lent et très long départ d'un cavalier sur son mulet dont la silhouette se perd à peu vers l'horizon.

Il fallait quelque chose de différent l'après-salazariste, pour que ce film puisse être ambitieux et différent de la production fasciste et différent du mercantilisme. Il fallait cette "Révolution des oeillets" qui fut à sa façon "le temps des cerises" au Portugal.

Albert  Cervoni

Jornal L'Humanité, 22 de Março de 1978.

NOTA:  Este texto foi retirado da obra "António Reis e Margarida Cordeiro - a poesia da terra", de Anabela Moutinho e Maria da Graça Lobo. Não possuímos o artigo original. Se tiver uma cópia do jornal e quiser partilhá-la connosco... desde já agradecemos!

sexta-feira, setembro 07, 2018

213. "TRÁS-OS-MONTES" no "Écran"

[Estreia em Paris, 22 de Março de 1978] 

TRAS-OS-MONTES

Um petit berger lance des cris stridents pour rassembler ses moutons, une femme raconte à sa fillette l'histoire de "Blanchefleur", deux gamins en promenade s'égarent dans le paysage mais aussi dans le temps et débouchent dans un avenir qui n'est sans doute que celui de leur imagination, une paysanne dicte à son fils une lettre destinée au père émigré en France, une voix raconte que les villageois sont si pauvres que l'hiver précédent, ils ont dû manger de la neige.

Cet étrange et beau film évolue sans cesse entre le documentaire et la fiction, entre le reportage ethnographique et l'onirisme poétique. Tras-os-Montes, "au-delà des monts", est une province du nord du Portugal, une région oubliée de Dieu, comme on dit, hors de l'histoire en tout cas. Paysage sévère, climat rude, pays sous-développé dont les hommes n'ont guère d'autre solution que d'aller chercher du travail en France, en Allemagne ou à Lisbonne. "Mon pays est une terre d'absents", dit la voix off qui court tout au long du film, qui est peut-être celle des auteurs (la co-réalisatrice est originaire de cette région) et unifie dans un contrepoint poétique les images du présent et les souvenirs du passé.

Car l'unité dramatique et plastique du film se situe au niveau de la mémoire, ce qui est rendu sensible par le fait que les protagonistes sont des enfants: la candeur et la vérité, ces valeurs morales généralement attachées à l'idée qu'on se fait du jeune âge, sont aussi celles qui déterminent le regard des auteurs et confèrent à leur film ce caractère insolite et cette poésie rêveuse qui en font tout le prix. Il fait savoir qu'Antonio Reis est une poète estimé au Portugal et qu'il a réalisé en 1974, JAIME, um très prenant moyen métrage sur la folie, évoquée par lui comme un univers parallèle. TRAS-OS-MONTES se situe dans la même perspective, celle du refus de tout réalisme (naturalisme) primaire où s'enferment si tristement et si platement tant de films: il brise constamment la naive "impression de réalité" qui semble être le credo de l'impuissance filmique. Les caractéristiques techniques du film (tournage en 16 mm) vont elles-mêmes dans le sens de cette distanciation. D'aucuns trouveront que les images ne sont pas bien "léchées", que le son n'est pas très "propre": j'y vois au contraire une preuve supplémentaire d'authenticité et de créativité, car il y a dans ces images - par ailleurs très travaillées - une certaine rudesse qui évite la mièvrerie habituelle de la couleur et dans le son - qui a cependant la force et la vérité du direct - une volonté constante de contrepoint.

Le propos ethnographique de l'oeuvre relève d'une tradition qui se situe quelque part entre Buñuel (les Hurles ne sont pas loin du Tras-os-Montes) et Ivens (les auteurs ont délibérément écarté le pittoresque et leur film n'est pas récupérable comme instrument de publicité touristique) mais ce substrat documentaire n'est que le point de départ d'un essai historique et social (et par là-même politique: c'est pourquoi le film a suscité la colère de quelques bonnes âmes au Portugal) qui évoque très précisément, à travers la parabole, les problèmes de cette région déshéritée, tout particulièrement l'émigration et l'éloignement du centre de décision, de la capitale politique et administrative. Ces gens se sentent loin du pouvoir et loin des lois, et c'est un texte de Kafka, lu en dialecte local, qui exprime avec force ce sentiment d'abandon et d'impuissance. Pourtant le film se termine sur une discrète note optimiste: un gamin prend le train à l'aube pour aller étudier à Porto.

Ma tentative d'élucidation du propos et du style de l'oeuvre ne peut rendre compte de la magie profonde qu'elle exerce et qui en fait l'étrange et inoubliable beauté. Mélange constant du réel et du rêve, du présent et du souvenir, effleurement du fantastique dans les paysages et les gestes de tous les jours: la bande sonore ne comporte pratiquement aucune musique mais le film tout entier est une sorte de partition rêveuse et prenante, une sonate pour la plainte du vent et la litanie des voix, un duo de la nature et de l'homme. 

Marcel Martin

Revista Écran, n.º 68, pág. 45-46, 15 de Abril de 1978

segunda-feira, setembro 03, 2018

212. "TRÁS-OS-MONTES" no "Matin de Paris"

[Estreia em Paris, 22 de Março de 1978] 

TRAS OS MONTES, de Margarida Martins Cordeiro et Antonio Reis

Un conte de fée politique

Le marteau bat sur l'enclume mais il n'y a plus de cheval à ferrer. Les métiers à tisser vont et viennent mais on n'habille plus que les femmes du village. L'hiver, la mère donne de la neige à manger à ses enfants. Voilà, c'est la province de Bragança au nord-est du Portugal, c'est le village de Tras Os Montes, par-delà les monts. Dans un film clair comme un poème et accusateur comme du Dovjenko, Margarida Martins Cordeiro et Antonio Reis parlent de leur pays, contrée des absents, le Portugal. 

Les hommes ont passé la frontière. Ils cherchent fortune en Argentine, sont ouvriers en France, et Armando envoie une lettre de là-bas, pendant que sa femme dicte la réponse à son petit garçon car elle ne sait pas écrire. On pense au film docummentaire Los Hurdes de Bunuel, mais Tras Os Montes se regarde plus facilement. C'est plutôt un conte de fées politique. Deux petits garçons nous renvoient à un passé de traditions, de légendes, quand on attendait la princesse Blanche-Fleur et qu'elle se montrait à l'entrée d'une grotte au sein d'un vol de colombes.

Il était une fois... Oui, il était une foie une mine, des familles de paysans qui s'aimaient, qui dansaient et la femme venait sur âne à la noce, offrait un verre de vin au promis, debout sur le seuil de la porte. A présent, la mine est morte, on n'a jamais de nouvelles de la capitale. Qui fait les lois? se demande le peuple de Tras Os Montes: les nobles, les notables? On obéit mais, ici, il n'y a plus de notables. Seulement des femmes qui veillent sur leurs enfants malades et des petits garçons sur leurs moutons.

Margarida Martins Cordeiro et Antonio Reis ont risqué le plus beau parti pris qui soit face au documentaire. Ils y mêlent le présent aride et le passé médiéval, la constatation politique et la légende contée le soir au pied du lit des enfants qui s'endorment. "D'un côté de la rivière, un jour, il y avait des brebis noires, de l'autre des brebis blanches. Chaque fois qu'une noire bêlait, une blanche traversait la rivière et devenait noire et, chaque fois qu'une blanche bêlait, une noire traversait la rivière et ressortant de l'eau, elle était blanche".

Ainsi des Portugais qui passent la frontière. Arrivés dans les quartiers de notre capitale à nous, devenus ceux qui travaillent pour les Français dans nos maisons et nos garages, ils ont changé de couleur. Tras Os Montes ne nous dit pas laquelle. Mais nous la devinons, à contempler cette terre d'oubli. Dépeuplée, apauvrie à jamais. Le fils et le père prenent le train. Et le film se clôt sur la fumée ancienne des chemins de fer à charbon qui traverse, la nuit, le silence du Portugal déserté. Un film à voir absolument: On ne résiste pas impunément à la poésie politique.

Claire Clouzot

Jornal Matin de Paris, 10 de Abril de 1978.

quarta-feira, maio 11, 2016

211. "TRÁS-OS-MONTES" no "Politique Hebdo"

[Estreia em Paris, 22 de Março de 1978] 

Vérité en deçà  des monts, erreur au-delà

"Tras os montes", un film portugais qui dérange...
y compris les distributeurs qui ont mis deux ans 
pour lui concéder le droit de sortie.

Nous avions parlé chaleureusement de ce film étrange dans le numéro de Politique Hebdo du 23 septembre 1976. Primé à Toulon, il méritait mieux qu’un survol de quelques lignes et surtout qu’il sorte sur nos écrans. C’est fait (au studio Action République, à Paris), très confidentiellement, vu la vocation et la capacité des salles d’art et d’essai, mais c'est fait. Le contraire eût été une faute d’une impardonnable injustice. 

Tras os montes, inclassable mise en scène d’une région du nord-est portugais, ouvre une perspective clinique sur les maux qui travaillent le tissu profond de la “Cité” toute entière. A sa première projection, la population du territoire de Miranda do Douro, municipalité en tête, a pris le film comme une insulte. Et l’indignation a remonté très haut en amont du régime. Un notable socialiste a eu ce mot: “Ce Tras os montes n’est pas celui du Portugal, il doit y avoir un Tras os montes dans l’Oural”. Le film a risqué le lynchage. Vérité en deçà des images de cinéma, erreur au delà. 

Ce n’est pas faute d’adhérence à la réalité de ce “nordeste” portugais que les auteurs, Antonio Reis et Margarida Martins Cordeiro, ont provoqué le décrochage et le rejet des protagonistes eux-mêmes de ce récit irrecevable. Ils sont originaires de ce terroir et l’ont prospecté trois années, par le contact direct de l’enquête “ethnologique” et du reportage. Ce n’est pas non plus par sécheresse de coeur ou par souci de dévoyement idéologique. La poésie et l’amour ne font aucun doute dans ce chant inspiré de la passion contradictoire du fonds de valeurs terriennes et d’espérances socialistes. Leur tort est d’avoir rouvert la cicatrice mal guérie sous laquelle couvaient précisément ces contradictions dangereuses. 

Pour tout dire ils ont mis dans le mille d’une plaie séculaire. On ne touche pas au mal du sous-développement sans faire insulte à tous ceux qui en vivent la réalité. A ceux qui en sont responsables, au premier chef, latifundistes réactionnaires, féodaux de l’Eglise et de l’administration salazariste, et aux victimes eux-mêmes, désormais fascinées par la promotion citadine, honteuses de leurs archaïsmes et de leurs vertus paysannes (ça existe). Tras os montes, c’est décidément trop de vérités, trop de symptômes mêlés, rejoués, comme on joue la maladie, dans certaines mises en scènes thérapeutiques, pour dire les racines d’un mal chronique. 

Documentaire dérivant vers le récit de fiction, à la manière des documentaristes américains de la génération de Murnau (L’homme d’Aran, Louisiana story), c’est-à-dire des pionniers d’un cinéma pudique et modeste jusqu’au scrupule réaliste? Happening manipulé à l’insu des figurants eux-mêmes? Poème, comme on dit, mêlant le rêve à la réalité? Personne n’y trouve son compte. Et c’est bien ainsi. C’est le signe de son innovation. Et c’est aussi celui de la conscience obscurcie que les laissés pour compte du “nordeste” portugais entretiennent face à leur propre image. 

Telle qu’elle est, cette traversée du malaise, passant à juste titre de l’observation lucide au lyrisme et à l’onirisme (faut-il que les protagonistes nient leur sens du baroque, du sacré et leur “surréalisme” de fait), répond à une réalité difficile à regarder en face. Tout simplement, parce que plus qu’ailleurs, en Europe du sud, cette réalité est, à tout moment de l’histoire, double. Tout le scandale du film tient à l’équilibre instable où se maintient sa vision. Vérité en deçà des monts ou au-delà? Où doit se faire le socialisme? Nous avons cru comprendre que les gens de Tras os montes avaient à la faire chez eux, sous peine d’exil définitif, dans leur propre patrie. 

Jean Duflot 

Revista Politique Hebdo, p. 39, de 1 a 9 de Abril de 1978.

domingo, novembro 24, 2013

210. É DOMINGO HOJE

É domingo hoje
mas nós não saímos

é o único dia
que não repetimos

e que dura menos

Mas põe o teu rouge
que eu mudo a camisa

não como quem
de ilusão
precisa

Tomaremos chá
leremos um pouco

e iremos à varanda
absortos

António Reis - Novos Poemas Quotidianos, pág. 45, Porto, [1959].

sábado, novembro 23, 2013

209. "TRÁS-OS-MONTES" nos "Cahiers du Cinéma" (corrigido)

[Estreia em Paris, 22 de Março de 1978] 

Trás-os-montes

Trás-os-Montes d’Antonio Reis et Margarida Cordeiro est une exploration du Trás-os-Montes, province du nord-est portugais à 460 km de Lisbonne. Les mots exploration et cinéma, l’un après l’autre, permettent la fécondation du regard mais il y a dans exploration un relent de colonialisme et de brutalité; je pense plutôt devoir parler de recherche du Trás-os-Montes.

Ce qui frappe, c’est le sérieux, un sérieux imperturbable comme on le dirait d’un enfant, sans arrière-goût de pesanteur ou de cérémonie, un sérieux nécessaire, evident, parce que vital. Chaque corps, jeune ou vieux, homme ou femme, personne ou personnage, est sérieux, respectueux de la phrase ou du texte qu’il a à dire, du geste inhabituel ou quotidien qu’il a à faire, de l’autre corps qui fait corps avec lui le temps d’un plan ou d’une séquence, fervents (cf. la séquence des enfants devenus leurs propres ancêtres interrogeant les anciens du village).

On se demande alors d’où leur vient, à ces paysans du Trás-os-montes, cette évidence du cinéma. Il faut revenir à la recherche en écartant toute idée technique, médicale, expérimentale, à contrario des recherches pures, Trás-os-montes est une recherche impure, traversée de scories, multiple, multipliée. Ce n’est pas non plus le simple effort du souvenir, exploration de la mémoire (1); recherche doit être pris au sens de: à la recherche, comme dans: je pars à sa recherche, parce qu’il y a mouvance des deux côtés, de celui qui cherche et de celui qu’on cherche. A la recherche de… c’est un peu à la rencontre de…

Le film m’apparaît comme cela: des recherches/rencontres avec les gens du Trás-os-montes, paysans de toujours, posés sur leur province aussi «doucement» et aussi «violemment» (2) que l’herbe sur les plateaux, que la neige sur l’herbe. L’herbe, les plateaux, la neige sont comme les paysans, personnes et personnages du film et comme eux ils sont de toujours dans le Trás-os-montes. Faire la première partie du film avec les regards de deux enfants, inscrire d’entrée l’idée de génération (régénération) c’est dire: il y a toujours eu dans le Trás-os-montes des enfants pour courir l’hiver casser la glace à la rivière parce qu’ils aiment ça et de cet amour-là surgit la force des enfants et de la province et de la force surgit toujours. 

«Toujours», c’est une idée progressiste, toujours est infiniment moins figé que jamais. Un «Je t’aimerai toujours» est oh combien plus mobile qu’un «je ne te quitterai jamais», sans doute parce que toujours, ce n’est rien d’autre que tous les jours, peut-être parce que «je ne te quitterai jamais» est vide de contenu pour un homme du Trás-os-montes qui émigre vers les mines du nord, l’Allemagne ou la France.

Après qu’ils aient vu la rivière gelée, la «grande maison» vide, la mine désaffectée, en même temps que la force du torrent, le vieux gramophone prêt à resservir, la mine presque vivante sous la pluie, ce que les enfants découvrent c’est l’absence, que ce pays est également tissé de présences et d’absences. Il y a alors un travelling lateral insensé, visage après visage, les anciens en pelisse sombre de notables, les hommes en casques de mineurs, les frères en capes de bergers, présents et absents réunis comme siègeant «patiemment depuis le fond des âges» et, dit par un villageois, un texte de Kafka traduit en dialecte: «… ces lois que nous cherchons patiemment à deviner depuis le fond des âges».

La seconde partie du film hors du regard des enfants, disparus, comme happés par un débris de fiction où ils sont devenus leurs propres ancêtres, est tressée de rencontres: une très vieille qui chante «Galandun» (mélodie du moyen âge) à un enfant tombé d’un toit, Mariana, la tisseuse, le forgeron tous concentrés (sérieux) sur un geste, l’une chantant et se souvenant assez fort pour que cela entraîne une autre image, l’autre attentive à la santé d’une voisine et d’un bébé pour laquelle elle va chercher le docteur, le forgeron regrettant son travail de la forge aujourd’hui fermée.

C’est avec cette concentration, indispensable outil de la recherche, que je termine, la concentration absolument exempte de séduction de ceux qui n’ont pas besoin du regard de l’autre pour vivre et qui, lorsque ce regard les aborde, par timidité, respect, intelligence, continuent de vivre.

Caroline Champetier

1. Cf. page 1 et 2 dans Proust et les signes, de Gilles Deleuze.
2. Cf. première page de l’entretien avec Antonio Reis, Cahiers n.º 276. Parlant des villageois du Nord-Est, il dit: «ils passent brusquement de la douceurà la violence». Sur Trás-os-montes, voir l'article de Serge Daney (N.º 276).

Revista Cahiers du Cinéma, n.º 287, p. 70, de Abril de 1978.

sexta-feira, novembro 22, 2013

208. "TRÁS-OS-MONTES no "Libération"

[Estreia em Paris, 22 de Março de 1978] 

Un film de A. Reis et M. Cordeiro

TRAS-OS-MONTES

Tras-os-Montes continue de me poursuivre. J'ai vu deux fois ce merveilleux film dans lequel les realisateurs portugais Antonio Reis et Margarida Cordeiro chantent leur peuple.

Dans une partie de leur film ils laissent exister simultanément le passé et le futur de leur peuple par des scènes de rêve immédiat dans la forêt, sur les rochers: légendes celtes du nord du Portugal.

Le dosage de son dans le film est d'une grande rigueur et souvent leur son s'implante dans le grand silence des paysages, des rochers, des arbres, qui sont tous liés par une force secrète, poétique aux valeurs élémentaires et solides de la vie quotidienne de ces montagnards isolés, loin de la capitale, loin des lois du pays.

Pour moi, les auteurs ont réussi à créer le sentiment de l'espace de Tras-os-Montes par la longue durée des éloignements. Je pense à Dovjenko, grand poète de l'écran.

Le sifflement aigu du train, le cri qui déchire le mouvement romantique de la fumée est un signe clair, immédiat, bien compris à la fin du film. Le spectateur reste en alerte sur le Portugal réveillé en train de se libérer.

Tout le long du film, les réalisateurs t'enfoncent dans l'histoire et la mémoire de leur peuple.

C'est un film, non pas à découvrir plus tard comme une grande oeuvre d'art, mais à découvrir tout de suite rue du Faubourg du Temple, au cinéma Action. (1)

Joris IVENS

Studio Action République, à 20 et 22 heures.

(1) Ivens a raison. Allez, «toutes affaires cessantes», voir et aimer ce film admirable. Note du correcteur, ex-critique de cinéma, J. Doyon. Il faudra reparler de ce film, vu au Festival de Toulon (1976), où il fut primé.

Jornal Libération, p. 14, de 25, 26 e 27 de Março de 1978.

quinta-feira, novembro 21, 2013

207. "TRÁS-OS-MONTES" no "Le Monde"

[Estreia em Paris, 22 de Março de 1978] 

«TRAS OS MONTES» 

de Antonio Reis et Margarida Martins Cordeiro

Sur les terres, «par-delà les montagnes», au nord-est du Portugal, une civilisation agraire stagne et meurt lentement. L'émigration vers les villes et les pays étrangers a dépeuplé les villages où ne demeurent plus que des vieillards, des femmes et des enfants.

Comme jadis Bunuel avec las Hurdes d'Espagne, Antonio Reis et sa femme, Margarida Martins Cordeiro, ont réalisé un documentaire poétique de combat. Mais leur démarche, vis-à-vis de ce Portugal oublié, est différente. La révolte ne se traduit pas par le pamphlet social surréaliste. Elle jaillit de la confrontation entre la réalité actuelle et le souvenir mythique, entre le présent et le passé, entre la vie quotidienne et l'imaginaire.

Le documentaire poétique (Antonio Reis est, d'abord, un poète portugais) brise la narration classique, donne au reportage des allures de légende (interprétée par les vrais habitants de ces campagnes), ouvre les formes habituelles du langage cinématographique en plongeant dans l'espace géographique envoûtant des plaines, des lacs et des montagnes. Les images de ce film tourné en 16 millimètres sont d'une beauté confondante, sans que jamais l'esthétisme vienne effacer la signification historique et sociale de la vision.

«Tras os montes», c'est une région sous-développée, qui s'éloigne dans le temps comme cet homme simple point noir à l'infini d'un chemin. Dans un sursaut d'agonie, les coutumes, l'artisanat local, s'affirment encore comme les signes d'une culture populaire qu'il faudrait préserver. Quoi de plus émouvant que ce pêcheur au filet qui, dans le silence d'une nature majestueuse, tente d'apprendre à son jeune fils les gestes de son metier? Que le sifflet du train de l'émigration déchirant un paysage qui ne recouvre de nuit?

Assez mal accueilli, parfois, au Portugal (on l'a considéré comme «une injure faite au bon peuple de Tras os montes»; mais n'est-ce pas le langage poétique que déconcerte dans un pays où le fascisme avait tué le création cinématographique?), le film, révélation du Festival du jeune cinéma à Toulon en 1976, a suscité l'enthousiasme de Joris Ivens et de Jean Rouch. C'est bien, comme le dit Ivens, «une grande oeuvre d'art» où l'on devrait découvrir le splendide réveil d'un cinéma national.

Jacques Siclier

Jornal Le Monde, p. 18, 25 de Março de 1978.

quarta-feira, novembro 20, 2013

206. "TRÁS-OS-MONTES" - Notícia de José Vieira Marques

[Festival de Cinema de Mannheim 77] 

Novo cinema português consagrado na Alemanha

Financiado quase exclusivamente pela municipalidade local e por alguns particulares com posses, o Festival de Cinema de Mannheim deve a esse facto a justa fama de independência e de isenção (em relação apressões económicas ou políticas) de que goza. Pretendemos que o Festival de Mannheim continue a ser uma tribuna de promoção para o filme político e de crítica social, foram as palavras com que publicamente um dos adjuntos principais do Burgomestre local se referia àquela independência e isenção, afirmação que ganha tanto maior significado quanto foi proferida durante os dias em que o pavor colectivo causado pelo desvio do avião da carreira Palma de Maiorca-Frankfurt trazia não poucos militantes progressistas oeste-alemães "de credo na boca".
(...)
Um  extraordinário interesse, fortemente apoiado e promovido pela direcção do Festival, acolheu os filmes portugueses "Que farei com esta espada", de João César Monteiro, "Os Demónios de Alcácer Kibir", de José Fonseca e Costa, "Jaime", de António Reis, e "Trás-os-Montes", de Margarida Martins Cordeiro e António Reis. De "Trás-os-Montes" que viria a partilhar o Grande Prémio do Festival com o filme soviético "Chamam-me de longe"  tanto o público como a crítica alemã, que nos foi dado ler, celebraram especialmente o realismo poético através do qual os autores dão a conhecer aquela província, o seu povo e as suas tradições.
(...)

José Vieira Marques

Jornal Expresso, Revista, p. 19-R, 29 de Outubro de 1977.

domingo, novembro 17, 2013

205. “TRÁS-OS-MONTES” – Texto de João Bénard da Costa

[Anos Gulbenkian]

DE "TRÁS-OS-MONTES" A "AMOR DE PERDIÇÃO"

Na carta que escreveu ao Dr. Azeredo Perdigão, Paulo Rocha anunciava igualmente que desistia, pela segunda vez, do subsídio concedido a “Ilha dos Amores” e propunha que, no Plano III do CPC, esse filme fosse substituído por “Trás-os-Montes” de António Reis e Margarida Cordeiro.

Rocha, como dito atrás, tinha um duplo subsídio (Gulbenkian e IPC) para esse filme. Mas foi lúcido ao considerar que, em 1975, não havia condições para levar a bom termo uma produção, que, além de muito cara, pressupunha filmagens em Portugal e no Japão, senão uma co-produção com aquele país. A “Ilha dos Amores” baseava-se na vida do escritor Wenceslau de Moraes (1854-1929), bem como na sua relação com o poeta Camilo Pessanha (1867-1926). Ambos emigraram para o oriente nos finais do século XIX e Wenceslau fixou-se no Japão e converteu-se ao xintoísmo. Paulo Rocha queria aproximar dois imaginários, segundo o poema chinês Nove Cantos de Chu Yuan (poeta chinês do século IV a. C.) e procurar relações com Os Lusíadas e com o episódio da Ilha dos Amores. Não era definitivamente conversa que rimasse com o povo e com o MFA. Por isso, Paulo Rocha aceitou um convite do Ministério dos Negócios Estrangeiros para ocupar o posto de Conselheiro Cultural na nossa Embaixada em Tóquio e por lá se deixou ficar até 1980. A “Ilha dos Amores” viu a luz deste país lânguido e inerme, mas só a viu sete anos depois em 1982. Já lá votarei.

Ao propor Reis como substituto – o que a Fundação aceitou – Paulo Rocha era coerente com o que exprimiu quando soube em 74 do subsídio do IPC: “António Reis (…) ficou adiado. De todos os filmes propostos parecia-me o mais urgente e o mais promissor”. Assim, por ínvios caminhos, “Trás-os-Montes” foi o único filme desses anos gerado exclusivamente pelo ventre Gulbenkian, da última vez que tal sucedeu. Foi o filme que fechou a porta dos anos 70-76 e fechou-a com chave de ouro.

“Trás-os-Montes”, que não é um documentário sobre a província desse nome, mas uma espécie de auto-sagrado, é um filme que se pode aproximar do realismo mágico, servindo o ténue fio narrativo da obra para realçar o lado mágico de personagens e paisagens, buscando raízes no nosso imaginário colectivo. Primitivismo e modernidade fundem-se no cinema antropológico de António Reis e de sua mulher, Margarida Cordeiro, recorrendo ao onirismo, ou a vestígios primevos (a sequência no Domus de Bragança, em que os actores dizem um texto de Kafka, vertido para mirandês) e manifestando total crença na força ressurgidora das artes.

Reis e Margarida insistiram que as primeiras apresentações da obra se fizessem nessa província que tanto amavam.

Recordo uma peregrinação em Maio de 1976, em que os realizadores foram acompanhados por amigos como Miguel Torga e Nuno Bragança, para estrear o filme em Bragança e Miranda do Douro. Não podia ter corrido pior. Os transmontanos, muito escaldados com as campanhas da 5.ª Divisão que os tinham eleitos em símbolos do nosso atraso, queriam ver progressos e estradas, casa estilo “maison” e jovens desempoeirados. Perante aquela visão arcana, desesperaram, nada percebendo. Em Miranda, a coisa esteve quase a chegar a vias de facto. Já a vozearia era enorme (projecção ao ar livre) quando chegou a cena em que eu mais temi ver o caldo entornado. Era uma refeição numa casa pobre, mas onde se guardava dignidade inteira. Neve era o repasto dos comensais. Felizmente, a assistência não compreendeu o que eles comiam. Não reconheceu a iguaria, embora desse largas à sua estranheza perante tal ceia. Tivessem eles percebido e talvez a projecção não tivesse chegado ao fim nem o projector ficasse inteiro.

Seguiram-se abaixo-assinados dirigidos à Gulbenkian pedindo a excomunhão do “insulto feito às gentes transmontanas”. Felizmente, e mais uma vez, a apresentação na Gulbenkian, em Junho, na presença do General Ramalho Eanes, em vésperas da sua primeira eleição presidencial, deu a volta à coisa. Tanto o Dr. Perdigão – que, em 1975, deixara de ter o Pelouro das Belas Artes que desde 1960 fora dele  – como o Dr. Pedro Tamen (n. 1934) que nesse ano lhe sucedeu e o deteve até à sua aposentação em 2000 – gostaram muito. No final, o Dr. Perdigão ainda disse a António Reis: “Talvez, você não devesse era ter chamado ao filme «Trás-os-Montes». Porque é que não lhe deu outro título?”. Reis olhou-o frontalmente, com aquele olhar que às vezes era terrível e outras dulcíssimo, e respondeu-lhe com uma pergunta: “E porque é que o Senhor Dr. deu o nome de Calouste Gulbenkian à Fundação?”. “Boa resposta, Reis, boa resposta”, comentou o Presidente que não mais deixou de o apoiar. 

Como eu disse, estávamos em 1976. 

Em 75, para dar contas do que ainda sobrava do Plano II e III, estrearam-se “Cartas na Mesa” de Rogério Ceitil, a 6 de Janeiro, sem elogios nem vitupérios, que nem uns nem outros mereciam (Assis Pacheco colaborou outra vez nos diálogos); ”Brandos Costumes” a 18 de Setembro e “Benilde ou a Virgem-Mãe” a 21 de Novembro. Oliveira fora praticamente o único cineasta que, durante o “ano quente”, se não envolvera nas ruas, e o passara na Tóbis, a filmar essa adaptação de Régio, segundo painel da “tetralogia dos amores frustrados”, iniciada com “O Passado e o Presente”. Em, Portugal, praticamente ninguém reparou no filme, apresentado quatro dias antes do “estado de sítio” e visto por raríssimos. Mas, dois anos depois, foi esse filme que lançou a carreira internacional de Oliveira, quando foi projectado em Bolonha e em Roma numa Rassegna del Cinema Portoghese, em que Oliveira foi, pela primeira vez, aclamado como um dos maiores. Ao contrário do que muitas vezes se diz, foi a Itália, e não a França o país que descobriu Oliveira e onde, neste últimos trinta anos, “Il Maestro” obteve grande parte das suas maiores consagrações, recebendo dois Leões de Ouro (Veneza 85 e Veneza 2004), o prestigiadíssimo Prémio Donatello e inúmeras condecorações. 

Em 77, já Oliveira estava a filmar o terceiro painel, “Amor de Perdição”, a sua histórica adaptação do livro de Camilo. Foram acidentadíssimas filmagens, com muita gente a jurar que aquele filme Oliveira não o levava ao fim e sem que o dinheiro (vindo do Plano do IPC de 75) chegasse para um filme de 4 horas e vinte minutos. A RTP entrou a certa altura, sob a condição do filme ser pela primeira vez projectado na televisão e só depois em salas; a Gulbenkian subsidiou-o directamente, a pedido do cineasta, já na fase final. 

Mas quando o filme chegou à televisão, em finais de 78, foi o bom e o bonito. Era a época em que a primeira telenovela brasileira – a Gabriela de Jorge Amado – batia records de audiência, chegando a interromper conselhos de ministros. A comparação foi fatal a Oliveira, que não se submeteu a nenhum cânon televisivo nem transigiu com qualquer moda. Ainda por cima, a obra fora rodada a cores, mas televisão ainda era a preto e branco. Não me recordo, em minha vida, de uma tal campanha contra um filme português. “Aniki-Gagá” foi o mais doce nome que lhe chamaram, levando tal “dislate” à conta dos 70 anos do cineasta.

Teria sido o fim dele, se o produtor Paulo Branco (n. 1950), à época um exibidor radicado em Paris, não tivesse decidido estreá-lo, em Maio de 1979, no cinema Action-République, que ele programava.

O Le Monde dedicou-lhe a primeira página, o Festival de Roterdão seleccionou-o. 

Em Portugal, foi a incredibilidade total. Sugeriu-se que se tratava de uma campanha paga e ainda hoje estou para perceber como é que alguém, com dois dedos de testa, acreditou que o Conselho de Administração da Gulbenkian, sob a minha pérfida influência (que nessa altura, outros contos, não valia um caracol) comprara o Le Monde ou o Le Monde se deixara comprar para defender um cineasta português. 

As coisas melhoraram e pioraram quando Paulo Branco, em hábil operação, estreou também em Paris, “Trás-os-Montes”, com enorme êxito crítico. Melhoraram porque no estrangeiro se percebeu que Oliveira não era um caso único e que havia que tomar o cinema português a sério. Pioraram porque perante um célebre número dos Cahiers du Cinéma  (n.º 276 de Maio de 1977) em que Oliveira e Reis eram capa, não faltou quem acusasse os espíritos daninhos da Gulbenkian de tentarem reduzir esse cinema a Oliveira e a Reis. 

Só que, em 78, como hoje, Portugal é Portugal. Se “Trás-os-Montes”, depois do vexame citado, viu a crítica esgotar elogios quando se estreou a 11 de Junho de 1976 (depois obteve o Prémio Especial da Crítica em Toulouse, um grande prémio em Manheim, em 77 e uma Menção Honrosa em Lecce, 79), “Amor de Perdição”, quando chegou às telas do Quarteto a 25 de Novembro de 1979, fez a mais da gente virar de bordo e descobrir no filme os méritos que lhe havia negado no ano anterior. 

No final da década, que começara com o arranque do CPC, a Gulbenkian voltava a ser protagonista da história do nosso cinema com os apoios que deu a Reis e a Oliveira. 

João Bénard da Costa – Cinema Português: Anos Gulbenkian, p. 40-42, Fundação Calouste Gulbenkian, Lisboa, 2007.